Début de la guerre et occupation by admin

L’arrivée des Allemands à Lessines

Dès octobre 1914, les landsturms, troupes d’occupation, se succèdent. Ils sont originaires de Saint Wendel, Bielefeld et Hambourg. La vie des habitants est profondément perturbée.
La Kommandantur s’installe à l’hôtel de ville. Un climat de terreur est rapidement instauré et toute résistance découragée. Dès leur arrivée en août, les occupants avaient menacé de faire fusiller un tiers de la population si un habitant se rebellait. Pour mettre en garde la population, l’occupant affiche les condamnations à mort des contrevenants aux règles allemandes de toute la province.
Février 1918. En préparation de la dernière offensive allemande, dans la région de Saint-Quentin (Bataille de l’Empereur), de très nombreuses troupes du Bataillon d’Hambourg et d’Altona s’installent en ville. Lessines sert de « ville arrière du front ». Des soldatenheim y sont aménagés pour loger les nombreuses troupes allemandes (estimées à 1500 hommes environ) en route pour l’offensive dans le nord de la France. Des écoles sont alors occupées. Lessines est située en zone d’étapes, une zone de commandement arrière où les soldats se reposent. Les jeunes recrues sont écolées : ils s’entrainent au maniement de grenades dans des champs lessinois.

13 octobre 1914. L’arrivée de 600 hommes du Landsturm du Bataillon St Wendel marque le début de l’occupation. Ils logent dans les hôtels à proximité de la gare ou chez l’habitant. Le bataillon de Bielefeld (en 1915) puis celui d’Altona-Hambourg (en 1916 et 1917) prennent ensuite le relais. Chaque semaine, des affiches allemandes sont placardées sur les murs de la
Des lieux de loisirs sont aussi mis en place pour les occupants : outre les soldatenheim dans lesquels les soldats font de la musique, jouent aux cartes, la ville compte jusqu’à trois casinos (celui des officiers au 13, rue César Depretz, celui pour les officiers du Hafenamt au 62, rue de l’Hôtellerie et celui de l’administration du Séquestre, rue de la Gare). La ville abrite aussi une cantine allemande (Grand- Rue, 16), un établissement de bains militaires (à la Brasserie populaire), un magasin pour les soldats (à la Malterie) et un salon de coiffure réservés à l’armée allemande.

Les relations occupants- occupés

Adelin Lepoivre, bourgmestre de Lessines pendant la 1re moitié de la 1re Guerre mondiale

Adelin Lepoivre, bourgmestre de Lessines pendant la 1re moitié de la 1re Guerre mondiale

Il semble que dans certains cas, des occupants ont éprouvé de la sympathie pour leurs hôtes et l’ont exprimé en leur laissant une carte de visite. Toutefois, pour beaucoup, cette cohabitation avec l’occupant est insupportable, en particulier dans certaines circonstances : déportations de civils, réquisitions, … Aussi, le chef allemand du séquestre est ainsi haï par la population. De plus,les rumeurs, agitées par la propagande vont aussi bon train. Cette presse de propagande contribue à diaboliser l’ennemi en évoquant des mères aux seins tranchés, des bébés égorgés par les soldats allemands. Une odeur nauséabonde est prétendue accompagner les corps des soldats allemands
décédés. Lorsque les Allemands quitteront Lessines et les chambres réquisitionnées, c’est cette même odeur nauséabonde qui sera mise en avant par la population pour justifier des frais d’entretien des locaux occupés.
A l’hôtel de ville, le bourgmestre Adelin Lepoivre (jusqu’en 1917) puis Gustave Demeyer, son successeur f.f. cohabitent aussi avec les autorités militaires allemandes. Ils servent de relais entre les occupants et les habitants. Leur tâche est particulièrement délicate. Exécuter toutes les demandes de l’occupant peut s’avérer dangereux pour la population (fournir les listes de chômeurs par exemple peut faciliter la déportation) et être considéré comme anti-patriotique, voire une forme de collaboration. Refuser les demandes de l’occupant, c’est aussi s’exposer au risque d’être condamné par un tribunal militaire. Adelin Lepoivre, est d’ailleurs condamné en 1915 pour refus de collaborer avec l’occupant pour la reprise du travail dans les carrières. Malade, il n’accomplira pas sa peine.