Santé et accueil des réfugiés by admin

L’hôpital Notre-Dame-à-la-Rose

L’Hôpital Notre Dame à la Rose était déjà en place en 1914 mais seule la trace d’un soldat allemand a été retrouvée dans les registres des malades. Lessines était loin du front. Les hôpitaux militaires pour les soldats belges étaient situés en dehors de la Belgique non occupée. Pour les Allemands, la ville d’Ath abritait un hôpital de la Croix Rouge (au Collège Saint-Julien). En 1918, fut installé à Lessines un  « krankensammenstelle » (centre de blessés de la croix rouge). Les soldats belges blessés sur le front sont soignés dans des «hôpitaux de campagne ». Après les premiers soins effectués sur place, les soldats sont envoyés loin du front dans des centres de convalescence.

Portrait de Marie Rose Carouy par Alidor Lamotte, 1905  (Collection Hôpital Notre Dame à la Rose)

Portrait de Marie Rose Carouy par Alidor Lamotte, 1905 (Collection Hôpital Notre Dame à la Rose)

Sœur Marie-Rose (Zélie Carouy), dame prieure de l’Hôpital Notre Dame à la Rose,a 62ans au début de la guerre. C’est la créatrice du célèbre Helkiase, un remède pour traiter les maladies de la peau et les ulcères. Avec tact et fermeté, elle gère les rapports avec l’occupant. Bien sûr, elle se soumet aux réquisitions : paillasses pour les soldats et pour les prisonniers russes, draps, outils de cuisine … Mais elle n’hésite pas à refuser parfois des réquisitions d’attelages quand ses chevaux sont malades ou nécessaires au bon fonctionnement de la ferme de l’hôpital. Sa biographe M.-C Tonneau relate qu’elle aurait intercédé auprès des Allemands pour pouvoir ravitailler en nourriture et en vêtements les déportés civils. Les archives ne nous ont pas permis de confirmer cette information. Pendant que les soldats combattent et meurent au front, la santé des Lessinois continue à être assurée par les sœurs de l’hôpital. On y soigne des hernies, des luxations, de l’eczéma, des affections cardiaques, le phlegmon, des rhumatismes, de l’asthme, des gastro-entérites, des bronchites mais aussi les blessures des ouvriers carriers venus de Flandre ou du Borinage.

 

 

Plaque commémorative pour les réfugiés français de 1918, Hôpital Notre-Dame à la Rose (Photos prises en septembre 2012 par Léa DE VOS)

Plaque commémorative pour les réfugiés français de 1918, Hôpital Notre-Dame à la Rose (Photos prises en septembre 2012 par Léa DE VOS)

En septembre et octobre 1918, les malades affluent à l’hôpital. Fièvre, maux de tête, sensation de brûlure aux yeux, frissons : c’est la grippe espagnole ! La majorité des malades sont des réfugiés du nord de la France (région lilloise) qui sont évacués par l’armée allemande car le front recule. Nombreux décèdent à l’hôpital. Une plaque érigée en leur mémoire est encore visible dans le cloître. Certains réfugiés, y compris des malades, sont accueillis dans des familles à Lessines. A la fin de la guerre, de retour chez eux, ils découvriront « l’enfer du nord » : leur région est complètement dévastée.