Début de la guerre et occupation by admin

La mobilisation et le début de la guerre

31 juillet 1914. Le tocsin sonne. C’est la mobilisation générale à Lessines, comme ailleurs. Une guerre a démarré suite à l’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914. Très vite, le jeu des alliances (Triple Alliance et Triple Entente) a transformé une guerre régionale en guerre mondiale.
La Belgique est neutre mais les intentions allemandes à l’égard de la France amènent le roi Albert Ier à garder les frontières pour assurer le maintien de cette neutralité.

De nombreux Lessinois sont alors mobilisés, d’autres s’engagent comme volontaires. Lessines voit partir des jeunes et des plus âgés, marquant ainsi le début d’une longue séparation avec leur fiancée, leurs parents, leurs enfants. Simples soldats ou    officiers,    brancardiers, médecins, dans l’infanterie, dans l’artillerie, dans le génie, chez les carabiniers cyclistes, ou encore chez les colombiers, ces hommes doivent rejoindre immédiatement la caserne mentionnée dans leurs livrets militaires. Après réception de leur uniforme, la plupart se précipitent chez le photographe. Aujourd’hui, dans les albums de famille, on peut découvrir encore le regard fier de ces militaires qui croyaient en la brièveté de cette guerre. En fait, très peu de soldats savaient pourquoi la guerre avait éclaté. Ils étaient peu informés et cette guerre mondiale était une affaire compliquée qui avait débuté loin de chez eux.

soldats lessinois mobilisés
2 aout 1914. L’Allemagne lance son ultimatum à la Belgique. Elle est sommée de laisser passer les troupes allemandes en direction de la France.Le roi Albert Ier refuse, en vain.
Le 4 aout, l’armée allemande envahit la Belgique et se heurte à la résistance du fort de Liège.

Le 6 août, le premier Lessinois est tué au champ d’honneur. Malgré tout, la presse propage de bonnes nouvelles : nos soldats résistent bien à Liège. Si cette résistance triomphe, on ne verra jamais l’armée allemande à Lessines !

Dès le début de la guerre, les nombreux ouvriers carriers de la ville (plus de 5000) se retrouvent au chômage. L’usage d’explosifs est nécessaire pour extraire le porphyre avant de les tailler en pavés. Ces explosifs sont réquisitionnés par l’armée belge pour ralentir la progression allemande et défendre d’Anvers.

Mi-aout 1914. L’armée allemande a envahi une partie de la Belgique. L’armée belge continue d’essayer de résister. Le Hainaut est encore libre. A Lessines et dans la région, les rumeurs vont bon train. On raconte que derrière les plaques publicitaires « Zebra », se cacheraient des renseignements pour les espions allemands. L’information, réelle cette fois, des massacres de civils par les soldats allemands circule en ville. On craint de subir le même sort. E. Mercenier, le capitaine- commandant de la garde civique de Lessines met en garde la population :
« La population doit s’abstenir de toute manifestation hostile aux étrangers. Les armes à feu doivent être déposées au local de la Garde civique ».

Cette milice de citoyens créée en 1830 vit alors ses derniers jours. Les soldats allemands ne sont pas encore en ville mais on se méfie des habitants d’origine allemande : quelques religieuses et une famille d’horlogers, les Kugé.

21 août 1914. C’est au tour de Namur d’être attaquée, puis de tomber. Le lendemain, les renforts anglais combattent l’armée allemande à Mons. Cela permet de ralentir la progression ennemie, mais pas de l’empêcher.

22-23 aout 1914. L’armée allemande arrive à Lessines. Le bruit des sabots de leurs chevaux résonne sur les pavés de porphyre. Ils entrent dans la ville, vêtus de leurs uniformes bleu- gris et du casque noir à pointe sur la tête. Avec leurs lances, ils coupent les lignes téléphoniques. Ils réquisitionnent (en payant) de la nourriture pour les troupes, du foin pour les chevaux, ainsi que des logements pour les troupes. Ils repartent le 26 août 1914. L’occupation proprement dite ne débute pas avant le 13 octobre.
Durant cette période charnière, mais aussi avant le 22 août, quelques familles lessinoises prennent la route de l’exil, à la recherche de travail ou de sécurité (crainte des massacres de civils). Certains gagnent la France, d’autres l’Angleterre ou encore la Hollande.

 

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