Alimentation et secours by admin

La famine à Lessines dès l’hiver 1914

Août 1914, les prix de l’alimentation flambent. Le marché noir se développe. Des aides vont s’organiser au niveau local, national et international.

Octobre 1914, la famine sévit à Lessines. De nombreux  paysans sont partis au front. Le blocus anglais  à  l’encontre  de l’Allemagne empêche la Belgique occupée de continuer ses importations. Les prix flambent avec le marché noir et la ville compte de nombreux chômeurs. Le Bourgmestre, Adelin Lepoivre, prie le Gouverneur allemand Von Bissing de stopper toutes réquisitions et le supplie d’envoyer de la farine. La farine sera livrée mais la ville devra fournir le pain à l’occupant.

Malgré tout, faire manger sa famille, c’est un peu le règne de la débrouille en temps de guerre. Les femmes tentent de remplacer les produits manquants par des ersatz (terme allemand entré depuis dans la langue française) : la torréaline (grains de froment torréfiés ajoutés à de la chicorée) comme ersatz du café, le chat comme ersatz du lapin, les rutabagas comme ersatz des pommes de terre .
Des aides alimentaires sont aussi mises en place. Au niveau national, un Comité national de Secours et d’Alimentation est créé dès octobre 1914 avec des antennes locales. Les familles reçoivent des cartes de ravitaillement qu’elles utilisent pour s’approvisionner en produits de première nécessité au magasin communal. La ville de Lessines loue des terres cultivables à 1 franc l’are pour les nécessiteux dès 1915.

En 1917, le groupe de bénévoles sert la «Soupe Scolaire» dans les écoles. Il est dirigé par des notables, Mr Tacquenier (directeur de carrière) et Mr Limbourg (patron d’une savonnerie).

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La soupe populaire du bas de la ville, 1917-1918 aux Etablissements Limbourg. A droite, la lessinoise Julia Revelard. (Archives familiales Famille Huysman)

En 1918, la « Soupe populaire » est servie à tous les nécessiteux, quel que soit leur âge. On en sert dans le haut de la ville, chez le Dr Pavot mais aussi dans le bas, à la savonnerie Limbourg.
Le «CRB» (Commission for Relief in Belgium) constitue la première aide humanitaire internationale de l’histoire. Présidé par l’américain Mr Hoover, il distribue des colis composés de pain, riz, café, lard, poisson, fromage, vêtements… Chaque commune a un comité local du CRB présidé par le bourgmestre ainsi que des magasins. Des sacs de farine en provenance des Etats-Unis sont acheminés jusqu’à Lessines. François Hotton, peintre lessinois les récupère comme toiles pour ses peintures , souvent vendues au profit d’oeuvres de bienfaisance, pour les orphelins de guerre notamment…

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Peinture réalisée par le Lessinois François Hotton avec un sac de farine récupéré du ravitaillement américain, à l’effigie d’un indien d’Amérique. (Collection Fernand Lenoir)

Malgré toutes ces aides, le manque de nourriture subsiste et cela affaiblit la population. A la fin de la guerre, même les occupants ont faim. On surprend ainsi des soldats allemands à voler des pains dans une boulangerie de la ville.

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