Santé et accueil des réfugiés by admin

La santé des soldats

14-18 est une guerre de masse et une guerre totale. Nombreux sont les blessés qui échouent chaque jour dans des hôpitaux de fortune.

Les blessés de guerre
L’Hôpital Notre Dame à la Rose était déjà en place en 1914 mais seule la trace d’un soldat allemand a été retrouvée dans les registres des malades. Lessines était loin du front. Les hôpitaux militaires pour les soldats belges étaient situés en dehors de la Belgique non occupée. Pour les Allemands, la ville d’Ath abritait un hôpital de la Croix Rouge (au Collège Saint-Julien). En 1918, fut installé à Lessines un « krankensammenstelle » (centre de blessés de la croix rouge). Les soldats belges blessés sur le front sont soignés dans des « hôpitaux de campagne ». Après les premiers soins effectués sur place, les soldats sont envoyés loin du front dans des centres de convalescence. C’est le cas d’Hilaire Lelièvre, habitant de Lessines dont nous avons suivi la trace dans les archives. Employé de banque, Hilaire fait partie de la classe 1913, soit les premiers jeunes de 18 ans soumis à la nouvelle loi du service militaire obligatoire. Avant, c’est le tirage au sort qui sélectionnait les hommes pour le service militaire.
Si la chance n’était pas avec eux et qu’ils tiraient un « mauvais numéro », ils devaient partir. Les riches, eux, pouvaient toujours payer un autre homme pour faire le service à leur place ! La guerre éclate. Hilaire est appelé et à nouveau mobilisé. Blessé au front, il est envoyé dans un centre de convalescence du centre de la France. De là, il écrit à sa femme et son fils qui vivent à Lessines.

Camp du Ruchard, le 25 juillet 1915.

A ma petite Héloïse adorée,

A mon fils chéri,

Quand vous lirez cette lettre, je ne serai plus. Consolez-vous mes adorés, je serai mort en vous aimant et ma dernière pensée aura été pour vous deux.

Toi, ma petite femme, qui m’avait donné mon cœur et mon âme, sèche tes larmes. Sois fière de ton Hilaire. Il est mort en brave, pour la patrie, tué à l’ennemi. Console-toi. Dis-toi que c’est pour ton bonheur que ton Hilaire a payé de son sang la dette sacrée que tout Belge a contracté envers son pays. Apprends à mon fils ce qu’était son père, dis-lui de toujours suivre le droit chemin et de ne connaître qu’une devise : le droit avant tout.

Et toi, mon fils chéri, quand tu seras en âge de lire cette lettre, tu comprendras combien mon cœur a saigné en pensant à toi. Esclave du devoir, je fus, victime et fidèle à la parole donnée, je suis tombé au champ d’honneur.

A toi mon fils, échoit la lourde tâche de me venger. Songe que toujours je serai près de toi. Sois bon, sois brave. Souviens-toi toujours de ton père. Tu peux être fier de lui. Tâche qu’un jour, ta mère puisse être fière de toi.

Adieu ma petite femme chérie. Je t’ai aimé jusqu’au dernier souffle comme je te l’avais juré. A mon fils bien aimé, à peine t’ai-je connu, mais tout ce que mon cœur contenait d’amour se tournait vers toi.

Soyez heureux tous deux. Adieu. Hilaire Lelièvre.

Je vais partir au front et en prévision d’une mort éventuelle, je vous envoie mon dernier adieu.
Nous avons retrouvé la trace d’Hilaire dans le semainier du curé de l’Eglise Saint-Roch. Blessé à Steenkerke le 22 novembre 1915, il décède à La Panne 2 jours plus tard. Différents types de blessures pouvaient toucher les soldats : les éclats d’obus (les blessures
les plus courantes), les coups de baïllonnettes, les gaz sans oublier les blessures psychologiques. Des éclats d’obus ont touché les organes vitaux d’Hilaire. Il décède à l’Ambulance « Océan », le plus grand hôpital de campagne sur le front de l’Yser. Cet hôpital de la Croix rouge a reçu les visites de Marie Curie et de la Reine Elisabeth.
Qui assuraient les soins dans les hôpitaux militaires ? Au début de la guerre, la Belgique compte très peu d’infirmières (50 diplômées en 1912). L’essentiel des soins est assuré par des infirmières britanniques. Les brancardiers, eux, sont réquisitionnés dans l’armée parmi les instituteurs, les séminaristes et les prêtres. Hilaire illustre à lui seul le paradoxe de la médecine militaire en temps de guerre. Soigner pour être envoyé au front avec pour seule
perspective la mort ou, dans le meilleur des cas, le retour à l’hôpital. Il repose aujourd’hui dans le cimetière militaire d’Adinkerke. 190 Lessinois décèdent sur le champ d’honneur, dans les prisons ou camps allemands au cours de la guerre 14-18. Ils sont souvent enterrés sur place. Après la guerre, certains corps sont exhumés et enterrés à Lessines dans l’ancien cimetière. En l’absence de funérailles, les familles font dire des messes.

One thought on “La santé des soldats

  1. Je viens de découvrir, après plusieurs années de recherches, que mon grand-père paternel Ernest Clément LEMESRE né le 9/7/1876 à Lille, est décédé à Lessines le 18/10/1918, pourrais-je SVP avoir plus de détails et si possible une copie intégrale d’acte de son décès. Remerciements anticipés, cordialement M.M.L.

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