11 novembre

Discours conçu et prononcé par les élèves de 6e de l’option histoire
de l’Athénée Royal René Magritte de Lessines
à l’occasion du 11 novembre 2013

élèves discours

Nous sommes tous réunis aujourd’hui pour rendre hommage aux anciens, à ceux qui sont morts pour la patrie.

Le 11 novembre a longtemps évoqué pour nous : l’attente, dehors, sous la pluie, en silence, toujours à se taire, sans comprendre ce qu’on faisait là.  Notre option histoire nous a permis d’en apprendre davantage sur la 1re guerre mondiale. Voilà pourquoi nous nous exprimons aujourd’hui.

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Certains curieux ont peut-être été lire le texte qui figure en bas du Monument.
« La ville de Lessines, à ses enfants morts pour la patrie ».

Ses enfants, des jeunes comme nous, soldats mobilisés ou volontaires, et martyrs civils déportés ont eu leur destin brisé net. Ils avaient notre âge et des projets plein la tête (des études, un métier, l’envie de créer une famille). Tout cela s’en est allé, laissant derrière eux la tristesse. Ils se sont battus pour notre pays, pour notre indépendance, ils ont résisté aux mesures vexatoires et autoritaires de l’occupant, refusant le travail obligatoire au profit de l’ennemi.

Se battre pour quoi ?

Grand est notre respect pour tous ces jeunes qui ont combattu en 1914.
Hier, on les a convaincu qu’entrer dans la guerre pouvait être une solution. Nous, jeunes de 2014, nous ne nous imaginons pas prendre les armes. Nous voulons croire en des moyens pacifiques pour régler les conflits : la diplomatie, la coopération des pays au sein de l’union européenne, l’ONU, et enfin, tous ces moyens qui maintiennent le dialogue.

Pourrait-on encore se battre pour la patrie ?

D’un côté oui,  parce que c’est notre pays, c’est la liberté de nos proches à sauvegarder.
D’un côté non, parce que l’actualité nous rappelle la fragilité de notre patrie.

Faudrait-il encore des guerres pour réunir un peuple autour d’une cause ?
L’un de nous a dit en classe : « C’est bizarre à dire mais au moins, pendant la guerre, on s’entraidait et on oubliait  tout ce qui nous opposait : les idées politiques, la condition sociale, la langue !

C’est, 1914, le début de la guerre et à Lessines,  l’arrêt des carrières.  Les chômeurs sont nombreux. Des comités d’alimentation et de secours servent la soupe populaire pour tenter de soulager la misère dans la ville et au-delà. Des divertissements : bals et pièces de théâtre, sont organisés pour récolter quelques fonds au profit des familles de soldats partis au front. On sait, des Lessinois, généreux  jusqu’à porter aide au péril de leur vie, aux prisonniers russes maltraités par l’occupant.

Ce climat de guerre a vu naître aussi la première action humanitaire internationale de l’histoire.  Cette action, la « Commission for Relief in Belgium » fut lancée par celui qui deviendra le président des Etats-Unis, Mr Hoover.  L’élan de solidarité a dépassé le cadre restreint de « sa patrie ».

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Aujourd’hui, voilà CONTRE quoi nous voulons agir : la  division de la Belgique, la montée de l’extrême droite, des nationalismes et des autres formes d’extrémisme.

Nous voulons être POUR un monde plus juste sur le plan économique, garantissant un travail pour tous et des conditions de vie décentes pour chacun.
Et surtout, pour le respect des droits de l’homme dans le monde.

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Nos ancêtres ont du vivre avec l’occupant, faisant la loi au quotidien.  A  chaque guerre, son lot de calamités. Celle-ci n’en a pas manqué : la déportation, les réquisitions, la peur, la faim, la mort.  Ils ont vu partir leurs soldats, leurs pères, leurs frères, leurs amis, leurs amants. Certains ne sont pas revenus, laissant veuves et orphelins.

Dans les livres d’histoire, on parle surtout de la guerre à Ypres, dans la Marne, à Verdun. Pourtant, elle était ici, aussi, à Lessines.

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Comment un homme peut-il être manipulé par le pouvoir au point de devenir une machine de guerre prête à tuer sans relâche ?
Comment la rumeur, la propagande peut faire de l’autre un monstre à abattre ?

Quand, se disent de bouche à oreille que les enfants belges arrachent les orbites des cadavres  allemands ,
Quand on raconte que les soldats  allemands  violent des femmes ou coupent les mains des enfants et bien d’autres horreurs encore, comment les regarder comme des semblables, comment les respecter ?

Méfions nous de la rumeur !
Finalement, rester humain est un combat de tous les jours.

Loïc Dubois, Céline Eyckmans, Doriane Vandaul et Claire Siboni,
encadrés par leur professeur d’histoire Alexandra Leroy
(avec la collaboration de Yola Her).