Pièce de théâtre

exils

« Exils 1914″ par la Compagnie MAPS, novembre 2014 (Théâtre des Riches Claires – photographie Compagnie Maps)

En novembre 2014, nous avons été voir le spectacle de théâtre « Exils 1914″ écrit et joué par la Compagnie Maps au Théâtre des Riches Claires. Ce spectacle présentait trois réalités de migrants pendant la guerre : un congolais sur le front de l’Yser, un flamand exilé en Angleterre et un déporté belge en Allemagne.

Cette pièce nous a beaucoup plu et nous avons souhaité travailler avec la Compagnie Maps.

IMG_2321 IMG_2320

Stéphanie Mangez qui a co-écrit la pièce a accepté de venir animer des ateliers d’écriture à l’Athénée de Lessines. Nous en sommes à la dernière phase d’écriture de la pièce. L’idée est de monter un spectacle pour faire découvrir au plus grand nombre l’histoire des déportés civils pendant la Grande Guerre à Lessines.

Quelques extraits d’écriture…

Deux hommes creusent.

LE GROS JULES Morts pour avoir donné du pain au gosse, tu sais, le p’tit pierre qui avait chopé une sale maladie. Moi je dis toujours : profite de la vie ! La mort viendra.

FERDINAND/ Il n’est pas mort que pour ça…

LE GROS JULES Moi, ce que je me demande, …

FERDINAND : Creuse au lieu de causer. Je fais tout tout seul !

Ils creusent

LE GROS JULES Je me souviens quand Ernest avait volé un jeu de carte à un officier , on s’était bien marré cette nuit-là, hein Ferdinand. Des blagues toute la nuit « il parait qu’on peut boire de la lave, mais qu’une seule fois ! Il parait qu’on peut faire l’amour à une allemande mais …»

Ferdinand lui lance un regard noir. Il se remet au travail.

LE GROS JULES : peut-être que le prochain ce sera moi ?

On ne devrait pas dire des prières ?

FERDINAND : la parole est d’argent, le silence est d’or…puis les prêtres, c’est fait pour ça. Tiens, le v’là

LE GROS JULES : la vie n’est jamais silencieuse, le silence, c’est la mort… Le silence fait résonner une musique pesante, celle de la peur et de la nostalgie.

Temps.

LE GROS JULES. Allez, j’y vais, par respect pour ces grands hommes,  Jamais séparés, même dans la mort.

 

ou encore :

Marie-Rose Carwy: Sœur Agnès, un déporté vient d’être rapatrié de Nieder-Ochtenhausen, voulez-vous bien vous en occuper?

Sœur Agnès:     Oui, dame Prieure, de quoi souffre-t-il?

MRC: son bras droit est gelé.

SA:     Oh non, le pauvre, on va devoir l’amputer!

MRC: Chut ! Pas si fort ! Et ne vous y attachez pas, ce n’est qu’un homme parmi tant d’autres.

MARIE ROSE, s’éloignant : Ce n’est pourtant pas le premier qu’elle voit dans cet état !