Camp et bagne de Sedan

Situation

Situé dans les Ardennes, Sedan se trouve à l’arrière du front, dans une région qui va de Reims à Verdun.

carte _France 1917

Les Allemands transformèrent Sedan en « ville hôpital » où ils soignaient leurs soldats. Sur place, ils ont aussi créé un bagne dans le château fort qui fonctionna de janvier 1917 à novembre 1918. Y étaient envoyés des civils résistants français ainsi que des belges condamnés aux travaux forcés. Les Lessinois qui ont séjourné là-bas ne sont pas partie lors des grandes vagues de déportation. On émet donc l’hypothèse qu’ils ont été condamnés par les Allemands pour des faits de résistance ou de non respect des règles d’occupation ou encore de refus de travail pour les Allemands et ont été déportés à Sedan en guise de sanction.

François Desmecht et autres déportés lessinois à Sedan (archives Claude Nève)

François Desmecht et autres déportés lessinois à Sedan (archives Claude Nève)

Travaux effectués

Lorsqu’ils sortaient pour aller sur les chantiers, les prisonniers étaient reconnaissables à leur brassard rouge porte au bras gauche, à leurs gros sabots ou à leurs pieds nus, mais surtout à leur maigreur et à leurs yeux hagards.

Conditions de vie

Certains de ceux qui fréquentaient ce bagne mourraient de faim et ont été réduits à manger les rats et même de l’herbe. Sans cesse, ils étaient roués de coups par leurs bourreaux.

Denzin, le commandant du camp, Michelsohn, le médecin, et Holz, le chef des gardiens, terreur des prisonniers, ont été les principaux responsables du taux de mortalité révoltant qu’atteignait ce camp. Privations, exactions, sous-alimentation épouvantable, hygiène effroyable, dysentrie générale, condition d’esclaves au travail, 5 à 600 prisonniers entassés pour 400 places possibles, tout était une marche accélérée vers la mort, ce qui amène certains à comparer ce bagne aux camps de la 2e guerre mondiale. Le chiffre des victimes reste incertain, mais en moins de deux ans il dépassa le millier de morts et probablement sensiblement plus. En 1919, le commandant et le médecin du bagne furent recherchés pour être jugés comme criminels de guerre, mais en vain …!

Lessinois décédés

sedan_bagne_plaquebelges

MARIN, André Adolphe (°Bois-de-Lessines, 07.10.1895-Sedan 14.08.1917)

PETERS, Joseph (°-Sedan 19.07.1918)

Bibliographie


article « Quand le château fort était un bagne« , publié dans « L’Union l’Ardennais« , 28 août 2011.