Camp de Radinghem

Situation

Radinghem est situé dans la région lilloise, sur la ligne Hindenburg et sur le front.

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Ce secteur est sillonné de tranchées, avec des fortins, des abris en béton, des réseaux de barbelés inextricables… Lorsque les Lessinois arrivent sur place en 1918, le village est complètement détruit et vidé de ses habitants. La région est dangereuse comme Albert Halterman, déporté lessinois l’indique :

« La région restait dangereuse; à tous instants, des balles perdues et des éclats d’obus sifflaient à nos oreilles. A tout moment de la journée, des combats d’avions se livraient au-dessus de nos têtes, et tous les jours des appareils tombaient en flammes et des hommes en parachute. Une fois, des avions anglais sont venus bombarder, non loin de notre camp, un dépôt de munitions et des gaz « moutarde » sont arrivés jusqu’à nous… ».

Front en 1917 - United States Military Academy’s Department of History[1] - Campaign Atlas to the Great War (specifically 16. Western Front, 1917, The Battle of Arras and the Second Battle of the Aisne)

Front en 1917 – United States Military Academy’s Department of History[1] – Campaign Atlas to the Great War (specifically 16. Western Front, 1917, The Battle of Arras and the Second Battle of the Aisne)

 radinghem_strasseTravaux effectués

Les déportés sont engagés ici pour nettoyer les fossés, enterrer les cadavres de chevaux tués dans les combats, réparer les routes au moyen des déchets de briques prélevés aux maisons démolies. Une nouvelle route sera aussi construire à travers le prairies grâce au travail des déportés. Le travail s’effectue sous un soleil torride (printemps et été 1918) et les déportés souffrent de la soif car les eaux des puits ont été empoisonnées par les armées.

Conditions de vie

Le camp est plus grand qu’à Ennetières et mieux aménagé.

La nourriture est maigre : des choux navets, des carottes, un peu de pain.

Les conditions d’hygiène sont pénibles à vivre comme l’indique Albert Halterman :

« Nous étions infestés de rats, de mulots et d’autres rongeurs. Les poux, les puces, les fourmis et mille autres vermines constituaient une plaie insupportable ».

Heureusement, selon le témoignage d’Albert Halterman, il semble y régner une franche camaraderie entre tous les déportés, un esprit d’équipe, de fraternité et d’entraide. Albert Halterman raconte :

« Il y avait de la musique sur harmonica, des chansons, des histoires et des scènes comiques ».

Certains déportés ont pu rentrer chez eux rapidement (15 jours seulement après leur départ) : il s’agit des ouvriers de la fabrique d’allumettes Lux. Trois semaines après leurs déportations, les Allemands ont accordé aux déportés des permissions de 48 heures pour rentrer à Lessines, en particulier pour s’approvisionner de vivres car ils ne parvenaient plus à nourrir les très nombreux déportés du front français.

 

Bibliographie


Témoignage d’Albert Halterman, dans Le Postillon, 20 mai 1968.