Camp d’Ennetières-en-Weppe

Situation

Ennetières-en-Weppe est situé à proximité de Radinghem dans la région lilloise.

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Ennetières est sur  la ligne Hindenburg et sur le front, dans un secteur « sillonné de tranchées profondes, protégé par des fortins, des abris de béton et par des réseaux de barbelés inextricables » comme le témoignage un ancien déporté lessinois, Albert Halterman. Lorsque les déportés arrivent en 1918, le village est complètement détruit et vidé de ses habitants comme le décrit Albert Halterman :

« Partout autour de nous, la terre avait été bouleversée et brûlée par la mitraille. Partout, ce n’était que cratères creusés par les explosions. Seule la végétation avait repris vie : l’herbe sauvage, les orties, les chardons, où des lapins et des perdrix avaient trouvé refuge ».

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Travaux effectués

Les lieux du travail se situent vers La Bassée à 2 heures de marche environ. Comme l’indique Albert Halterman, l’athmosphère est pénible :

« Une odeur cadavérique empestait toute l’atmosphère. Des chevaux morts gisaient sur le bord de la route et pourrissaient au soleil; avec cela, des myriades de mouches bleues, grosses comme des hannetons, se disputaient la charogne ».

Les déportés ont dû piocher, pelleter dans les décombres, les charger dans des brouettes, des wagonnets ou des camions; les transporter parfois bien loin pour les déverser sur des chemins, combler les ornières et les cratères. Certains ont dû aussi décharger des bateaux de pierrailles accostés sur les rives de la Deule et conduire ces pierrailles sur les routes en réfection. A l’occasion, certains déportés ont dégagé des cadavres d’hommes à demi ensevelis dans leurs tranchées ou leurs casemates et les ont enterré dans la décence.

Conditions de vie

A leur arrivée dans la nuit, les déportés campent sur les pierres tombales du cimetière d’Ennetières. Le lendemain,  les Allemands leur désignent des maisons à moitié détruites qui servent de lieu d’hébergement avec comme couchette des paillasses pleines de vermine. Puis, ils furent logés dans des baraquements en bois.

 

Bibliographie


Témoignage d’Albert Halterman, dans Le Postillon, 20 mai 1968.